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| Lieu vide du pouvoir | Lieu vide du pouvoir |
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glossaire | referentiel | 0.1.0 | Paradigme politique selon lequel la démocratie moderne se caractérise par la désincorporation du pouvoir : le lieu du pouvoir demeure institué mais ne peut plus être durablement confondu avec le corps d’un souverain, d’un parti ou d’une substance sociale unique. |
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paradigme | theorie | avance |
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Le lieu vide du pouvoir désigne un paradigme politique selon lequel la démocratie moderne se caractérise par la désincorporation du pouvoir : le lieu du pouvoir demeure institué mais ne peut plus être durablement confondu avec le corps d’un souverain, d’un parti ou d’une substance sociale unique.
Dans cette perspective, le pouvoir ne disparaît pas. Il continue d’organiser la scène collective, mais il ne peut plus prétendre s’identifier pleinement à une incarnation totale du social. Cette vacance instituée ouvre l’espace de la conflictualité, de la représentation et de l’indétermination démocratique.
Distinction
Ce paradigme ne signifie pas absence de pouvoir, mais impossibilité de sa clôture incarnée.
Le lieu du pouvoir subsiste comme point d’organisation symbolique du collectif, mais il demeure vide au sens où aucune instance particulière ne peut s’en déclarer propriétaire absolue sans trahir la logique démocratique elle-même.
Il se distingue ainsi du Décisionnisme souverain, qui recentre l’ordre dans la décision d’un souverain, de l’Exception souveraine, qui fait de la suspension normative un point ultime de tenue, et, plus subtilement, de la Volonté générale, lorsque celle-ci tend à substantialiser le collectif dans une unité supposée pleinement représentable.
Fonction dans le paysage théorique
Ce paradigme permet de penser :
- la spécificité symbolique des démocraties modernes ;
- la non-coïncidence entre pouvoir et société ;
- l’ouverture constitutive de la scène politique ;
- la légitimité du conflit, de la pluralité et de l’indétermination.
Il éclaire particulièrement les régimes dans lesquels la stabilité collective dépend moins d’une incarnation fondatrice que de la capacité à maintenir ouverte la scène des différends.
Rapport à l’archicratie
L’Archicratie trouve ici une ressource précieuse pour penser qu’un ordre viable ne tient pas nécessairement par saturation du politique, mais parfois par l’institution d’une scène où nul ne peut s’approprier totalement la régulation commune.
Elle s’en distingue toutefois en cherchant à décrire plus finement les prises, les médiations et les architectures concrètes par lesquelles cette vacance symbolique peut rester praticable, au lieu de sombrer dans l’indétermination pure ou l’oblitération silencieuse des tensions.