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| Pharmacologie technique | Pharmacologie technique |
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glossaire | referentiel | 0.1.0 | Paradigme de régulation fondé sur l’ambivalence constitutive des techniques, capables à la fois de soutenir le soin, la mémoire et l’attention, ou d’accroître l’entropie, l’automatisation et la dépossession. |
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paradigme | theorie | avance |
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La pharmacologie technique désigne un paradigme de régulation fondé sur l’idée que toute technique est à la fois remède et poison : elle peut soutenir des formes de mémoire, de soin, de transmission et de délibération, ou au contraire accentuer l’automatisation, la désynchronisation, l’entropie attentionnelle et la dépossession cognitive.
Ce paradigme ne pense donc pas la technique comme un simple outil neutre. Il l’aborde comme une puissance ambivalente qui transforme les conditions mêmes de la régulation collective.
Distinction
La pharmacologie technique se distingue d’une approche purement instrumentale des dispositifs.
Elle affirme que les architectures techniques modifient les temporalités, les capacités d’attention, les milieux de symbolisation et les scènes de confrontation. La question n’est donc pas seulement : « quelle technique ? », mais : « quelles formes de soin, de mémoire, de co-gouvernance et de contestation cette technique rend-elle possibles ou impossibles ? »
Elle s’oppose ainsi aux formes de régulation qui naturalisent l’automatisation et neutralisent la scène d’épreuve, notamment dans certains régimes de Préemption algorithmique.
Fonction dans le paysage théorique
Dans le chapitre 3, cette orientation est liée à Bernard Stiegler. Elle est associée à l’institution du soin, à la lutte contre l’entropie attentionnelle, à la grammatisation des comportements et à la nécessité de désautomatiser les automatismes.
Ce paradigme permet de penser :
- la vulnérabilité des régulations techniques à leur propre dérive entropique ;
- la nécessité de dispositifs de soin réellement gouvernés ;
- la place de la mémoire et du temps partagé dans la viabilité collective ;
- l’ambivalence constitutive des appareils techniques.
Rapport à l’archicratie
L’Archicratie rejoint ce paradigme dans son exigence de rendre les dispositifs habitables, révisables et disputables.
Mais elle en déplace le centre d’analyse : là où la pharmacologie technique insiste d’abord sur l’ambivalence de la technique et sur la nécessité du soin, l’archicratie cherche à décrire plus largement les architectures régulatrices dans lesquelles ce soin peut être institué, contesté et partagé.
La pharmacologie technique devient alors une ressource décisive pour penser comment une régulation technique peut demeurer co-viable sans basculer dans l’opacité, l’automatisation pure ou l’anesthésie du conflit.