edit: apply ticket #231 (/archicrat-ia/chapitre-1/#p-12-a2329c8a)
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@@ -36,7 +36,7 @@ Si la modernité politique a trouvé dans la souveraineté représentative son a
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Mais cette crise des catégories héritées n’est pas une vacance : elle est immédiatement occupée par des formes nouvelles de régulation — que nous appelons ici *archicratiques*. Car ce n’est pas l’absence de pouvoir qui domine, mais sa redistribution silencieuse selon des régimes techno-fonctionnels. Nous assistons à une montée en régime de ce que Foucault nommait déjà *les dispositifs de gouvernementalité* : régulations discrètes, réparties, non centralisées, opérant par la norme, le calcul, la procédure, le protocole, l’interface, le flux. Ce sont des décisions sans fondement visible, sans discours justificatif, sans énonciateur identifiable. La décision se donne comme évidence procédurale, comme injonction technique, comme impératif statistique. L’ordre n’est plus commandé, il est implémenté ; il ne se fonde plus dans la loi, mais dans l’algorithme ; il ne se légitime plus par le débat, mais par le chiffre.
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Cette montée archicratique s’observe dans la prolifération de gouvernances sans contre-pouvoir : agences indépendantes, plateformes numériques, circuits de certification, autorités administratives sans délibération parlementaire. Ce sont des formes de régulation qui ne sont pas illégales, mais qui échappent à toute mise en scène démocratique. Le débat n’est pas supprimé : il est rendu impossible. Les délais ne sont pas raccourcis : ils sont supprimés. Les voies de recours ne sont pas fermées : elles sont devenues impraticables. L’archicratie est ce régime où la décision opère sans justification explicite, où l’ordre normatif n’a plus besoin de fondation symbolique, et où le politique est remplacé par la régulation performative.
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Cette montée autarchicratique s’observe dans la prolifération de gouvernances sans contre-pouvoir : agences indépendantes, plateformes numériques, circuits de certification, autorités administratives sans délibération parlementaire. Ce sont des formes de régulation qui ne sont pas illégales, mais qui échappent à toute mise en scène démocratique. Le débat n’est pas supprimé : il est rendu impossible. Les délais ne sont pas raccourcis : ils sont supprimés. Les voies de recours ne sont pas fermées : elles sont devenues impraticables. L’autarchicratie est ce méta-régime où la décision opère sans justification explicite, où l’ordre normatif n’a plus besoin de fondation symbolique, et où le politique est remplacé par la régulation performative.
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Dès lors, ce que ce chapitre propose, c’est un paradigme non pas alternatif mais *diagnostic* : il ne s’agit pas d’imaginer une nouvelle utopie du pouvoir juste, mais de produire une grille d’intelligibilité critique des régulations sans scène. Car un paradigme n’est pas une hypothèse théorique isolée ; il est une manière de rendre pensable ce qui échappait jusqu’alors aux catégories existantes. Dans notre cas, il s’agit de rendre visibles, pensables et opposables les formes de régulation qui opèrent *en dehors* des critères classiques du politique. Le paradigme archicratique est un paradigme de la non-scène : il suppose l’effectivité sans justification, la décision sans énonciateur, la procédure sans fondement, la régulation sans contradictoire.
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