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| Grammatisation et prolétarisation cognitive | Grammatisation et prolétarisation cognitive |
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glossaire | referentiel | 0.2.0 | Paradigme de régulation technique dans lequel la capture, la discrétisation et l’automatisation des savoirs transforment les capacités humaines en fonctions externalisées, calculables et potentiellement dépossédées. |
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paradigme | paradigme | theorie | avance |
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La grammatisation et la prolétarisation cognitive désignent un paradigme de régulation technique dans lequel la capture, la discrétisation et l’automatisation des savoirs transforment les capacités humaines en fonctions externalisées, calculables et potentiellement dépossédées.
Dans ce paradigme, les gestes, les perceptions, les jugements et les savoir-faire sont progressivement découpés, enregistrés, formalisés puis redistribués dans des dispositifs techniques capables d’en capter la mémoire, d’en accélérer l’exécution et d’en orienter les usages.
Distinction
La grammatisation désigne le processus par lequel des continuités pratiques, perceptives ou symboliques sont discrétisées en unités manipulables, stockables et transmissibles.
La prolétarisation cognitive désigne la perte corrélative de savoirs, de prises et de capacités de jugement au profit de systèmes techniques qui les prennent en charge à la place des sujets.
Ce paradigme ne se réduit donc pas à une critique générale des machines. Il permet de penser une mutation de la régulation où la technique n’outille plus seulement l’activité : elle en reconfigure la mémoire, l’attention, l’autonomie et les conditions de transmission.
Fonction dans le paysage théorique
Ce paradigme permet de penser :
- l’automatisation des savoirs et des décisions ;
- la perte de capacités critiques et de savoir-faire ;
- la transformation industrielle de l’attention et de la mémoire ;
- les nouvelles formes de dépendance cognitive produites par les dispositifs techniques.
Rapport à l’archicratie
L’archicratie trouve ici un outil critique majeur pour décrire des régulations qui tiennent en capturant les facultés mêmes de jugement, d’anticipation et d’interprétation des acteurs.
Elle prolonge toutefois ce paradigme en posant la question de la reprise politique de ces capacités : comment rouvrir des scènes où les savoirs, les règles, les médiations techniques et les critères d’arbitrage puissent redevenir discutables, transmissibles et co-viables, au lieu d’être intégralement délégués à des chaînes d’automatisation ?
Limite archicratique
Le gain de Stiegler est sa puissance de diagnostic sur la dépossession cognitive.
Mais son angle mort est que la critique de la prolétarisation ne dit pas toujours assez comment instituer les formes positives, stables et partageables d’une reprise scénique.
L’archicratie y voit donc une ressource critique décisive, à arrimer à des dispositifs de réouverture.