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| Volonté générale | Volonté générale |
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glossaire | referentiel | 0.2.0 | Doctrine fondatrice faisant de la volonté générale, de l’auto-législation du peuple et de l’orientation vers l’intérêt général la source première de la légitimité politique. |
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doctrine | doctrine | theorie | fondamental |
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La volonté générale désigne la doctrine selon laquelle un ordre politique légitime doit pouvoir être rapporté à une orientation commune irréductible à la simple agrégation des intérêts particuliers.
Elle pense la légitimité depuis le commun politique plutôt que depuis la seule sécurité ou la seule protection des droits individuels. Elle privilégie ainsi l’unité du corps politique et l’orientation vers l’intérêt général.
Distinction
Cette doctrine pense la fondation depuis l’auto-législation du peuple.
Elle ne se réduit ni à l’opinion majoritaire, ni à une somme d’intérêts privés, ni à la simple représentation d’une pluralité de préférences. Elle vise l’idée d’un commun normatif capable de s’instituer lui-même.
Elle se distingue donc :
- du Contractualisme hobbesien, centré sur la sortie du chaos ;
- du Droit naturel et propriété, centré sur des droits préalables au politique ;
- du Décisionnisme souverain, qui privilégie l’acte de trancher.
Fonction dans le paysage théorique
La volonté générale fournit une ressource majeure pour penser :
- la souveraineté populaire ;
- la citoyenneté ;
- l’unité du corps politique ;
- l’exigence de justification collective des normes ;
- la centralité moderne du peuple comme sujet politique.
Rapport à l’archicratie
L’archicratie se distingue de cette doctrine en ce qu’elle ne situe pas le problème seulement dans l’expression d’une volonté commune, mais dans la possibilité d’identifier, de rendre visibles et de mettre à l’épreuve les architectures concrètes de régulation.
Elle demande moins : « Qui veut ? » que : « Par quelles prises, quels dispositifs et quelles scènes un ordre tient-il et se transforme-t-il ? »
Le chapitre 3 est très net sur ce point : Rousseau pense puissamment la fondation républicaine moderne, mais ne pense pas encore la régulation comme modulation, ajustement dialogique et traitement tensionnel de la complexité. Sa régulation demeure idéalisée, son arcalité tend à la fusion, et sa cratialité est reléguée.
Limite archicratique
Le gain rousseauiste est immense : il rend pensable l’autonomie collective.
Mais son angle mort est tout aussi décisif : à trop vouloir faire coïncider loi, unité et volonté commune, il risque d’effacer les médiations réelles, les conflits situés et les scènes nécessaires à l’ajustement.
Du point de vue archicratique, la volonté générale peut devenir soit mythe mobilisateur, soit menace autoritaire, dès lors qu’elle n’est plus réouverte par des dispositifs de comparution et de révision. Le chapitre 3 le formule explicitement.