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| Résonance sociale | Résonance sociale |
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glossaire | referentiel | 0.2.1 | Concept relationnel désignant une modalité de rapport au monde fondée sur la réponse mutuelle, l’affectation réciproque et la transformation, par laquelle un monde social demeure habitable sans être totalement maîtrisable. |
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paradigme | paradigme | theorie | intermediaire |
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La résonance sociale désigne ici une modalité de relation au monde dans laquelle les sujets et les environnements entrent dans un rapport de réponse mutuelle, d’affectation réciproque et de transformation.
Un monde social est résonant lorsqu’il ne se contente pas de fonctionner ou de se maintenir, mais lorsqu’il demeure capable de répondre à ceux qui l’habitent, de les affecter sans les écraser, et de se laisser transformer par leurs prises.
Ancrage théorique minimal
Chez Hartmut Rosa, la résonance ne désigne ni un état psychologique individuel ni une harmonie sociale.
Elle désigne une structure relationnelle caractérisée par trois dimensions :
- une relation d’adresse : le sujet se sent concerné par le monde et s’y rapporte comme à quelque chose qui lui parle ;
- une réponse : le monde répond, résiste, affecte, renvoie quelque chose qui ne se réduit pas à une pure projection ;
- une transformation : le sujet et le monde sont modifiés par cette interaction.
Un élément décisif est que la résonance implique une part d’indisponibilité : elle ne peut être entièrement programmée, contrôlée ou optimisée. Elle suppose une ouverture à ce qui échappe.
Distinction
La résonance sociale ne se confond ni avec l’harmonie, ni avec le consensus, ni avec la simple satisfaction.
Un monde peut être conflictuel, instable et néanmoins résonant, dès lors que les relations restent traversées par des possibilités d’adresse, de réponse et de transformation.
Elle se distingue ainsi :
- des modèles instrumentaux, où le monde est réduit à une ressource disponible ;
- des régimes de pure efficacité, où la relation est remplacée par l’optimisation ;
- de la Préemption algorithmique, qui tend à neutraliser l’imprévisibilité et à supprimer l’indisponibilité constitutive de la résonance.
Fonction dans le paysage théorique
Ce paradigme permet de penser :
- la qualité relationnelle d’un monde social ;
- la possibilité d’un rapport non purement instrumental au réel ;
- les seuils de mutisme, d’aliénation ou de saturation ;
- les conditions d’une transformation vécue et non imposée ;
- la différence entre un monde maîtrisé et un monde habitable.
Il éclaire particulièrement les situations où un ordre fonctionne mais ne répond plus.
Rapport à l’archicratie
L’archicratie trouve dans la résonance sociale un indicateur décisif de la qualité d’un régime de régulation.
Une régulation peut être stable, efficace et même légitime, tout en étant non résonante : elle ne répond pas, n’affecte pas, ne se laisse pas transformer.
Du point de vue archicratique, la résonance renvoie à la dimension vécue de la co-viabilisation : un régime est viable non seulement lorsqu’il tient, mais lorsqu’il reste habitable.
Mais l’archicratie introduit une exigence supplémentaire : la matérialité des conditions de cette résonance.
Là où Rosa décrit une structure relationnelle, l’archicration demande :
- où cette relation peut apparaître ;
- par quelles scènes elle peut se manifester ;
- par quels dispositifs elle peut être soutenue, contestée ou restaurée.
Limite archicratique
Le gain du concept est majeur : il permet de penser la qualité relationnelle d’un monde au-delà de sa seule fonctionnalité.
Mais, du point de vue archicratique, son angle mort tient à la difficulté d’institution.
La résonance ne peut être produite mécaniquement. Mais elle peut être empêchée structurellement.
La question archicratique devient alors : comment éviter l’anti-résonance ?
C’est ici que l’archicratie prolonge ce paradigme. Elle ne cherche pas à produire la résonance, mais à identifier et transformer les architectures qui la rendent impossible : absence de scène, saturation, accélération, capture, préemption.
Sans ces transformations, la résonance reste un idéal fragile. Avec elles, elle peut devenir une dimension opératoire de la co-viabilisation.