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Démocratie délibérative Démocratie délibérative
Paradigme délibératif
democratie-deliberative
Jürgen Habermas
John Rawls
démocratie délibérative
théorie de lespace public
philosophie politique procédurale
glossaire referentiel 0.2.0 Paradigme politique fondant la légitimité de lordre collectif sur la discussion publique, léchange argumenté et la formation procédurale daccords révisables.
democratie-deliberative
deliberation
discussion
legitimite
espace-public
revision
paradigme paradigme theorie fondamental
volonte-generale
archicration
scene-depreuve
archicratie
gouvernance-des-communs
theorie-de-la-justification
dissensus-politique
lieu-vide-du-pouvoir
decisionnisme-souverain
exception-souveraine
preemption-algorithmique
domination-legale-rationnelle
gouvernementalite
primaryNext primaryReason paths
dissensus-politique Le dissensus politique éprouve la limite de la délibération en rappelant que toute scène commune est aussi traversée par le litige.
understand deepen compare apply
scene-depreuve
archicration
theorie-de-la-justification
dissensus-politique
lieu-vide-du-pouvoir
gouvernance-des-communs
decisionnisme-souverain
exception-souveraine
preemption-algorithmique
journal-de-justification
tribunal-de-lalgorithme
audit-archicratique

La démocratie délibérative désigne ici un paradigme politique selon lequel la légitimité dun ordre collectif doit se fonder sur la discussion publique, léchange argumenté et la formation procédurale dun accord révisable.

Ancrage théorique minimal

Chez Jürgen Habermas, la démocratie délibérative senracine dans une théorie de lagir communicationnel : une norme ne peut prétendre à la légitimité que si elle peut être discutée dans un espace public où les participants sont susceptibles déchanger des raisons, de contester des prétentions et de réviser leurs positions.

Lenjeu nest donc pas seulement que chacun exprime une préférence. Il est que les décisions collectives puissent être soumises à une épreuve de justification publique. La légitimité ne vient pas uniquement du vote, ni de la tradition, ni de lautorité administrative, mais de la possibilité pour les normes dêtre discutées dans des conditions suffisamment ouvertes, argumentées et révisables.

Chez John Rawls, cette exigence prend la forme de la raison publique : dans une société pluraliste, les principes politiques doivent pouvoir être justifiés par des raisons que des citoyens libres et égaux peuvent reconnaître comme partageables, malgré leurs désaccords moraux, religieux ou philosophiques profonds.

La démocratie délibérative désigne donc moins une simple procédure de discussion quun paradigme de légitimation : une décision est dautant plus légitime quelle peut comparaître devant des raisons publiques, être contestée, reformulée et révisée.

Lusage archicratique de ce paradigme retient cette exigence de publicité, de justification et de réversibilité, mais létend vers une question plus large : quelles architectures concrètes rendent réellement possible une scène délibérative effective ?

Distinction

La démocratie délibérative ne se réduit ni au vote majoritaire ni à lexistence abstraite dune opinion publique.

Elle suppose des dispositifs concrets de publicité, dargumentation, de participation, de contradiction et de révision dans lesquels les acteurs peuvent faire valoir des raisons, contester des positions et contribuer à la formation du commun.

Elle se distingue ainsi :

Fonction dans le paysage théorique

Ce paradigme permet de penser :

  • lespace public ;
  • la justification collective des normes ;
  • la légitimité procédurale ;
  • la publicité des conflits ;
  • la révisabilité des décisions ;
  • la formation daccords toujours contestables ;
  • les conditions dune citoyenneté active et argumentée.

Il constitue une référence essentielle pour toute pensée politique qui refuse de réduire lordre collectif à la seule souveraineté, à la seule administration, à la seule expertise ou à la seule optimisation technique.

Rapport à larchicratie

Larchicratie rejoint la démocratie délibérative en ce quelle accorde une importance décisive à la possibilité de rendre les régulations visibles, discutables, justifiables et révisables.

Mais elle sen distingue en ne centrant pas exclusivement lanalyse sur les procédures discursives. Elle cherche à décrire plus largement les architectures matérielles, techniques, administratives, documentaires et symboliques qui rendent ou non possibles de telles scènes.

Une délibération ne tient pas seulement parce que des sujets parlent. Elle suppose des lieux, des délais, des dossiers, des formats de contradiction, des médiations, des garanties daccès, des capacités découte, des conséquences institutionnelles et des prises effectives sur la décision.

Autrement dit, la démocratie délibérative éclaire la scène argumentative de la légitimité ; larchicratie demande en plus quelles conditions rendent cette scène opératoire, opposable et transformatrice.

Limite archicratique

Le gain délibératif est considérable : il rend pensable la réversibilité publique de la norme et refuse de confondre légitimité, commandement et efficacité.

Mais, du point de vue archicratique, son angle mort tient aux conditions réelles de la symétrie discursive. Une scène peut exister formellement sans être habitable. Une discussion peut être ouverte en droit mais saturée en fait par des inégalités de ressources, de temps, de savoir, de langage, daccès ou de reconnaissance.

La publicité peut aussi rester sans prise sur les infrastructures effectives. On peut débattre sans pouvoir modifier ni reconfigurer les architectures effectives de décision. On peut être entendu sans être capable daffecter la chaîne de décision. On peut participer à une scène dont les résultats sont déjà neutralisés ailleurs.

La question archicratique devient alors : quest-ce qui donne prise à la délibération ?

Cest ici que larchicratie prolonge le paradigme délibératif. Elle ne nie pas la centralité de la discussion publique ; elle demande à quelles conditions cette discussion devient une véritable scène dépreuve, capable de produire des effets sur les architectures de régulation.

Références minimales

  • Jürgen Habermas, Théorie de lagir communicationnel, 1981.
  • Jürgen Habermas, Droit et démocratie. Entre faits et normes, 1992.
  • John Rawls, Théorie de la justice, 1971.
  • John Rawls, Libéralisme politique, 1993.
  • John Rawls, “The Idea of Public Reason Revisited”, 1997.

Renvois