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| Gouvernance des communs | Gouvernance des communs |
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glossaire | referentiel | 0.2.0 | Paradigme de régulation fondé sur la coordination collective, située et polycentrique de ressources ou d’usages partagés par des communautés d’acteurs. |
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paradigme | paradigme | theorie | intermediaire |
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La gouvernance des communs désigne ici un paradigme de régulation fondé sur la coordination collective, située et polycentrique de ressources ou d’usages partagés par des communautés d’acteurs.
Ancrage théorique minimal
Chez Elinor Ostrom, les communs ne désignent pas une simple ressource partagée, ni un idéal spontané de coopération. Ils désignent des situations où des acteurs élaborent, surveillent, ajustent et font respecter des règles d’usage autour de ressources communes.
Ostrom conteste ainsi l’alternative simpliste entre marché privé et État central. Elle montre que des communautés peuvent produire des arrangements institutionnels robustes lorsqu’elles disposent de règles adaptées au contexte local, de mécanismes de surveillance, de sanctions graduées, de procédures de résolution des conflits et d’une reconnaissance minimale de leur capacité à s’auto-organiser.
La notion de polycentricité est décisive : la régulation ne dépend pas d’un centre unique, mais d’une pluralité de centres de décision partiellement autonomes, coordonnés entre eux et capables d’apprentissage.
Distinction
La gouvernance des communs ne se réduit pas à l’idéal vague du partage.
Elle désigne des architectures concrètes de règles, de surveillance mutuelle, de résolution des conflits, d’ajustement local et de coordination entre niveaux multiples d’organisation.
Elle se distingue :
- du Décisionnisme souverain, qui privilégie un centre de tranchant ;
- de la Domination légale-rationnelle, qui privilégie l’administration hiérarchique impersonnelle ;
- des formes purement marchandes de coordination, qui réduisent la régulation à l’échange et au prix.
Fonction dans le paysage théorique
Ce paradigme permet de penser :
- la gestion durable de ressources partagées ;
- la production de règles locales ;
- la surveillance par les pairs ;
- les sanctions graduées ;
- la résolution située des conflits ;
- la coordination entre échelles ;
- la pluralité des centres de décision ;
- la robustesse de régulations non centralisées.
Rapport à l’archicratie
L’archicratie trouve dans la gouvernance des communs une ressource majeure pour penser des régulations non réductibles à la souveraineté centrale, à l’administration hiérarchique ou au marché.
Les communs montrent qu’une régulation peut tenir par des scènes locales, des règles partagées, des mécanismes de co-surveillance et des ajustements produits par les acteurs concernés eux-mêmes.
Du point de vue archicratique, ils articulent fortement arcalité et cratialité : arcalité, parce qu’ils instituent des règles, des usages légitimes et des formes de reconnaissance ; cratialité, parce qu’ils organisent effectivement l’accès, la restriction, la sanction, la réparation et l’ajustement.
Mais l’archicratie ajoute une question : comment ces communs restent-ils lisibles, révisables et co-viables lorsque les interdépendances dépassent le local, deviennent techniques, algorithmiques, globales ou fortement asymétriques ?
Limite archicratique
Le gain des communs est considérable : ils montrent que la régulation peut être située, distribuée, participative et robuste sans être absorbée par l’État ou par le marché.
Mais, du point de vue archicratique, leur limite possible tient au passage d’échelle. Un commun peut être très efficace localement et devenir insuffisant face à des interdépendances vastes, invisibles, techniques ou transnationales.
Il peut aussi se refermer sur ses propres membres, produire des exclusions, naturaliser des asymétries internes ou manquer de scènes de contestation pour celles et ceux qui subissent ses règles sans participer réellement à leur élaboration.
La question archicratique devient alors : comment préserver la puissance située des communs sans les transformer en enclaves autarciques ?
L’archicratie ne traite donc pas les communs comme une solution universelle. Elle les comprend comme une contre-prise décisive : contre la rigidité bureaucratique, contre la concentration souveraine, contre la déliaison marchande, mais à condition qu’ils demeurent ouverts à la comparution, à la révision et à la co-viabilisation.
Références minimales
- Elinor Ostrom, Governing the Commons, 1990.
- Elinor Ostrom, Understanding Institutional Diversity, 2005.
- Elinor Ostrom, “Beyond Markets and States: Polycentric Governance of Complex Economic Systems”, 2010.
- Elinor Ostrom, travaux fondateurs autour de l’Institutional Analysis and Development Framework.