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| Régime de co-viabilité | Régime de co-viabilité | glossaire | referentiel | 0.2.1 | Topologie de l’ordre collectif définie par la capacité à faire tenir ensemble des formes de vie, des milieux et des temporalités sous contrainte, sans produire de destructions irréversibles ni d’incompatibilités généralisées. |
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topologie | topologie | transversal | intermediaire |
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Le régime de co-viabilité désigne une topologie de l’ordre collectif dans laquelle la question centrale n’est pas seulement : « qui gouverne ? », mais : « comment des formes de vie, des milieux, des intérêts et des temporalités peuvent-ils tenir ensemble sans produire de destructions irréversibles ni d’incompatibilités généralisées ? »
Cette notion déplace l’analyse politique vers la condition matérielle, relationnelle et temporelle de la tenue du commun.
Ancrage conceptuel minimal
Un régime de co-viabilité ne se définit pas d’abord par ses institutions visibles, mais par sa capacité effective à maintenir des coexistences sous contrainte.
Il implique :
- la gestion de tensions irréductibles ;
- la limitation des dynamiques destructrices ;
- la compatibilisation partielle de logiques hétérogènes ;
- la soutenabilité dans le temps des formes de vie et des milieux.
Un ordre peut être stable, légitime ou performant sans être co-viable. La co-viabilité introduit ainsi un critère distinct : celui de la tenue non destructrice du commun.
Distinction
Le régime de co-viabilité ne se réduit :
- ni à un régime institutionnel identifiable ;
- ni à une doctrine de légitimité ;
- ni à un équilibre statique.
Il désigne une forme d’ordre orientée vers la possibilité, toujours fragile, de maintenir un monde habitable.
Il se distingue ainsi :
- des approches centrées sur la souveraineté ou la décision ;
- des modèles purement normatifs de légitimité ;
- des visions fonctionnelles qui ignorent les effets destructeurs différés.
Fonction dans le système théorique
Cette notion joue un rôle structurant dans l’architecture archicratique.
Elle permet de relire l’ensemble des paradigmes comme des manières de traiter la question de la tenue du commun :
- certains renforcent la co-viabilité ;
- d’autres la fragilisent ;
- d’autres encore la rendent invisible.
Le régime de co-viabilité devient ainsi un critère transversal d’analyse des formes de régulation.
Rapport aux méta-régimes
Les Méta-régimes archicratiques décrivent les grandes matrices par lesquelles une société traite ses tensions.
Le régime de co-viabilité désigne le problème général auquel ces matrices répondent.
Autrement dit :
- le régime de co-viabilité pose la question de la tenue du commun ;
- les méta-régimes décrivent les formes typiques de réponse à cette question.
Rapport à l’archicratie
L’archicratie peut être comprise comme un paradigme critique des architectures de régulation, attentif aux conditions dans lesquelles une co-viabilité devient possible, fragile ou compromise.
Elle ne cherche pas seulement à décrire les régulations existantes, mais à identifier :
- les prises qui permettent leur maintien ;
- les scènes où elles peuvent être révisées ;
- les dispositifs capables de limiter leurs effets destructeurs.
L’archicration apparaît alors comme l’un des processus par lesquels un régime peut rendre ses tensions plus exposables, plus traitables et plus révisables.
Enjeu politique
La notion de régime de co-viabilité introduit un déplacement décisif.
Un ordre collectif ne peut plus être évalué uniquement selon :
- sa légitimité ;
- son efficacité ;
- sa stabilité.
Il doit aussi être évalué selon sa capacité à :
- maintenir des coexistences non destructrices ;
- préserver des possibilités d’existence futures ;
- rendre compatibles des formes de vie hétérogènes.
Le régime de co-viabilité constitue ainsi un critère politique fondamental dans un monde marqué par l’intensification des interdépendances et des risques d’irréversibilité.