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| Gouvernementalité | Gouvernementalité |
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glossaire | referentiel | 0.2.0 | Paradigme d’analyse du pouvoir centré sur la conduite des conduites, les rationalités de gouvernement et les techniques de gestion des populations. |
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paradigme | paradigme | theorie | fondamental |
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La gouvernementalité désigne le paradigme d’analyse dans lequel le pouvoir est pensé comme conduite des conduites, à travers des savoirs, des dispositifs, des calculs et des techniques orientés vers la gestion des comportements collectifs.
Elle ne centre pas d’abord l’analyse sur la souveraineté juridique ni sur la seule violence d’État. Elle s’intéresse aux formes capillaires, diffuses, techniques et administratives du gouvernement des hommes.
Distinction
La gouvernementalité ne se confond ni avec la souveraineté classique ni avec la seule bureaucratie.
Elle désigne un régime d’analyse dans lequel le pouvoir agit moins par commandement explicite que par structuration des milieux, des normes, des seuils, des incitations et des formats de conduite.
Elle se distingue ainsi :
- de la Volonté générale, qui pense la légitimité depuis l’auto-législation ;
- du Décisionnisme souverain, qui pense la fondation depuis l’exception ;
- de la Domination légale-rationnelle, qui privilégie l’impersonnalité procédurale.
Fonction dans le paysage théorique
La gouvernementalité fournit une grille décisive pour penser :
- les dispositifs de sécurité ;
- la gestion des populations ;
- la normalisation ;
- l’administration des comportements ;
- les formes discrètes, diffuses et techniques du pouvoir.
Rapport à l’archicratie
L’archicratie rejoint la gouvernementalité dans son attention aux dispositifs concrets, aux infrastructures et aux médiations effectives.
Mais elle s’en distingue en recentrant l’analyse sur la scène d’épreuve et sur la possibilité de rendre visibles les prises régulatrices. Là où la gouvernementalité éclaire la rationalité de conduite, l’archicratie insiste sur l’architecture, la comparution et la co-viabilité.
Le chapitre 3 fait de Foucault une composante décisive d’une seconde composition robuste : il révèle une cratialité douce mais envahissante, capable de réguler sans apparaître, ce qui impose précisément d’y adosser des contre-prises scéniques et pharmacologiques.
Limite archicratique
Le gain foucaldien est immense : il rend visible un pouvoir qui n’a plus besoin de se montrer comme souverain pour être effectif.
Mais son angle mort est également important : la critique de la diffusion du pouvoir ne dit pas toujours assez comment rouvrir effectivement la scène, ni comment reconstruire des médiations instituantes capables de réarticuler ce qui gouverne.
Du point de vue archicratique, la gouvernementalité est donc une ressource diagnostique majeure, mais non encore un modèle suffisant d’archicration.