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| Démocratie délibérative | Démocratie délibérative |
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glossaire | referentiel | 0.2.0 | Paradigme politique fondant la légitimité de l’ordre collectif sur la discussion publique, l’échange argumenté et la formation procédurale d’un accord révisable. |
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paradigme | paradigme | theorie | fondamental |
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La démocratie délibérative désigne le paradigme politique selon lequel la légitimité d’un ordre collectif doit se fonder sur la discussion publique, l’échange argumenté et la formation procédurale d’un accord révisable.
Dans cette perspective, la décision n’est pas première. Ce qui importe d’abord est la qualité des conditions dans lesquelles les normes, orientations ou choix collectifs peuvent être discutés, justifiés, contestés et reformulés.
Distinction
La démocratie délibérative ne se réduit ni au vote majoritaire ni à l’existence abstraite d’une opinion publique.
Elle suppose des dispositifs concrets de publicité, d’argumentation, de révision et de participation dans lesquels les acteurs peuvent faire valoir des raisons, contester des positions et contribuer à la formation du commun.
Elle se distingue ainsi :
- du Décisionnisme souverain, qui privilégie le moment du tranchant ;
- de l’Exception souveraine, qui justifie la suspension des médiations ;
- de la Préemption algorithmique, qui neutralise l’épreuve avant sa comparution.
Fonction dans le paysage théorique
Ce paradigme fournit une ressource majeure pour penser :
- l’espace public ;
- la justification collective des normes ;
- la légitimité procédurale ;
- la révisabilité des décisions ;
- la publicité des conflits.
Il constitue une référence essentielle pour toute pensée qui refuse de réduire l’ordre à la seule souveraineté, à la seule administration ou à la seule optimisation technique.
Rapport à l’archicratie
L’archicratie rejoint la démocratie délibérative en ce qu’elle accorde une importance décisive à la possibilité de rendre les régulations visibles, discutables et révisables.
Mais elle s’en distingue en ce qu’elle ne centre pas exclusivement l’analyse sur les procédures discursives. Elle cherche à décrire plus largement les architectures matérielles, techniques, administratives et symboliques qui rendent ou non possibles de telles scènes.
Le chapitre 3 situe d’ailleurs Habermas comme contre-prise nécessaire à Weber : la délibération réintroduit la possibilité d’un retour sur décision là où la règle risquerait de s’auto-perpétuer.
Limite archicratique
Le gain délibératif est évident : il rend pensable la réversibilité publique de la norme.
Mais son angle mort tient aux conditions réelles de la symétrie discursive : la scène peut exister formellement sans être habitable, la discussion peut être saturée par les inégalités de ressources, et la publicité peut rester sans prise sur les infrastructures effectives.
Du point de vue archicratique, la délibération est donc une scène majeure, mais non suffisante. Elle doit être arrimée à des prises documentaires, à des dispositifs exécutoires et à des médiations institutionnelles robustes.