4.5 KiB
title, term, aliases, urlAliases, edition, status, version, definitionShort, concepts, links, kind, family, domain, level, related, opposedTo, seeAlso
| title | term | aliases | urlAliases | edition | status | version | definitionShort | concepts | links | kind | family | domain | level | related | opposedTo | seeAlso | |||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Journal de justification | Journal de justification |
|
glossaire | referentiel | 0.2.0 | Dispositif documentaire qui conserve la trace opposable des justifications effectivement mobilisées dans la production d’une décision ou d’un déploiement algorithmique : critères, données, alternatives, arbitrages et effets anticipés. |
|
dispositif | dispositif-ia | cas-ia | avance |
|
|
|
Le journal de justification désigne un dispositif documentaire qui conserve la trace des justifications effectivement mobilisées dans la production d’une décision, d’une politique ou d’un déploiement algorithmique.
Il ne se limite pas à archiver des résultats. Il vise à rendre retraçables :
- les critères retenus ;
- les données jugées pertinentes ;
- les pondérations opérées ;
- les arbitrages effectués ;
- les alternatives envisagées puis écartées ;
- les effets anticipés et les risques identifiés.
Il constitue ainsi un support documentaire pour une archicration ultérieure.
Distinction
Le journal de justification ne se confond pas avec une simple documentation technique.
Documenter un système peut signifier décrire son architecture ou ses performances. Justifier implique autre chose : rendre explicites les raisons pratiques, normatives, organisationnelles et contextuelles qui ont effectivement conduit à une décision.
Il ne s’agit donc pas seulement de mémoire d’ingénierie, mais de mémoire régulatrice.
Fonction dans le cas IA
Dans les systèmes d’IA, les justifications sont souvent fragmentées entre plusieurs espaces :
- notes internes ;
- documents de conformité ;
- tableaux de bord ;
- spécifications techniques ;
- analyses d’impact ;
- comptes rendus de réunions ;
- choix implicites jamais formalisés.
Le journal de justification a précisément pour fonction d’unifier ces fragments en un support suffisamment cohérent pour qu’une mise en épreuve future soit possible.
Il transforme une archive dispersée en scène potentielle.
Portée archicratique
Dans une perspective archicratique, il ne peut y avoir de scène robuste sans prises documentaires.
Le journal de justification fournit une partie décisive de ces prises. Il rend possible la comparution des chaînes de décision en évitant que les acteurs puissent toujours dire : « personne ne sait », « cela s’est imposé », « c’est le modèle », « le système l’a décidé ».
Il contribue ainsi à desserrer l’oblitération régulatrice.
Enjeu politique
L’enjeu n’est pas seulement la transparence au sens faible.
Le véritable enjeu est de faire exister une mémoire opposable des justifications, afin que les décisions puissent être reprises, contestées et réévaluées dans le temps.
Sans une telle mémoire, la scène reste fragile, car elle ne dispose pas des éléments nécessaires pour instruire l’épreuve.
Limites
Un journal de justification peut être vidé de sa portée :
- s’il est incomplet ;
- s’il est rédigé après coup de manière opportuniste ;
- s’il reste inaccessible aux personnes concernées ou à leurs soutiens ;
- s’il n’alimente aucune scène réelle de réexamen.
Dans ce cas, il ne soutient plus l’archicration ; il sert seulement à simuler une traçabilité.