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| Décisionnisme | Décisionnisme |
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glossaire | referentiel | 0.1.0 | Paradigme politique dans lequel l’ordre collectif se fonde ultimement sur la capacité d’une instance souveraine à trancher, notamment dans les situations de conflit ou d’exception. |
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paradigme | theorie | fondamental |
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Le décisionnisme désigne le paradigme politique dans lequel l’ordre collectif se fonde ultimement sur la capacité d’une instance souveraine à trancher, notamment dans les situations de conflit, d’indécision ou d’exception.
Ce paradigme met l’accent sur l’acte de décision comme point de clôture nécessaire de la conflictualité. Lorsque les normes, les procédures ou les délibérations ne suffisent plus à garantir la tenue du collectif, c’est la décision souveraine qui apparaît comme ce qui rétablit l’ordre ou le rend à nouveau possible.
Dans l’histoire de la pensée politique, cette orientation est notamment associée à Carl Schmitt, mais le décisionnisme déborde la simple figure d’un auteur : il désigne une manière de penser la régulation à partir du primat du tranchant souverain.
Distinction
Le décisionnisme ne se réduit pas à l’autoritarisme brut.
Il désigne plus précisément un cadre dans lequel la décision apparaît comme ce qui vaut en dernière instance, parce qu’aucun ordre ne peut subsister sans point de clôture effectif. Là où d’autres paradigmes privilégient la procédure, la discussion ou la coordination distribuée, le décisionnisme insiste sur la nécessité d’un pouvoir capable de trancher.
Il se distingue ainsi de la Démocratie délibérative, qui privilégie la légitimité procédurale de la discussion, et de la Gouvernance des communs, qui met l’accent sur la coordination polycentrique.
Fonction dans le paysage théorique
Le décisionnisme éclaire une dimension réelle et persistante de la vie politique : il rappelle qu’aucun ordre collectif ne peut se maintenir sans capacités effectives de décision, notamment lorsque les tensions deviennent extrêmes ou que les équilibres ordinaires se défont.
Il constitue ainsi un paradigme important pour penser la souveraineté, l’exception, l’unité du collectif et le problème du point ultime de régulation.
Rapport à l’archicratie
L’Archicratie ne nie pas l’importance de la décision, mais elle refuse d’y réduire l’intelligibilité de la régulation.
Là où le décisionnisme tend à concentrer l’ordre dans le moment du tranchant souverain, l’archicratie déplace l’analyse vers les architectures qui rendent possible, orientent, encadrent et exposent les décisions elles-mêmes. Elle cherche moins le point souverain absolu que la composition dynamique entre fondation, effectuation et régulation.
Le décisionnisme éclaire donc un aspect réel de la tenue des sociétés, mais l’archicratie en montre les conditions architecturales plus profondes.