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Régulation morphogénétique des interdépendances Régulation morphogénétique des interdépendances
regulation-morphogenetique-des-interdependances
Gilbert Simondon
Norbert Elias
Edgar Morin
philosophie de lindividuation
sociologie processuelle
théorie de la complexité
glossaire referentiel 0.2.1 Paradigme selon lequel la régulation ne sapplique pas à des interdépendances données, mais constitue le processus même par lequel des formes relationnelles émergent, se transforment et se stabilisent.
regulation-morphogenetique-des-interdependances
morphogenese
interdependance
transformation
co-viabilisation
structuration
paradigme paradigme theorie avance
transduction-et-individuation
configuration-et-interdependance
co-viabilisation
archicratie
tension
inertie-sociale-symbolique
pensee-complexe
agencement-machinique
regime-de-co-viabilite
primaryNext primaryReason paths
transduction-et-individuation La transduction et lindividuation donnent le noyau génétique permettant de comprendre comment une régulation produit des formes nouvelles.
understand deepen compare apply
transduction-et-individuation
configuration-et-interdependance
co-viabilisation
pensee-complexe
agencement-machinique
regime-de-co-viabilite
inertie-sociale-symbolique
fait-social-total
habitus-et-violence-symbolique
archicratisation
audit-archicratique
cartographie-des-scenes-manquantes

La régulation morphogénétique des interdépendances désigne ici un paradigme selon lequel la régulation ne sapplique pas à des relations déjà constituées, mais constitue le processus même par lequel des interdépendances prennent forme, se transforment et se stabilisent.

Lordre ny est pas pensé comme un état à maintenir, mais comme une genèse continue de formes relationnelles.

Ancrage théorique minimal

Ce paradigme croise trois apports majeurs.

Chez Gilbert Simondon, la notion de transduction permet de penser la formation des structures comme propagation dune opération dans un milieu, produisant simultanément les termes et leurs relations.

Chez Norbert Elias, les configurations dinterdépendance désignent des ensembles dynamiques où les individus et les relations se co-transforment dans le temps, sans centre de contrôle unique.

Chez Edgar Morin, la pensée complexe met en évidence les boucles de rétroaction, les tensions et les dynamiques non linéaires qui caractérisent les systèmes vivants et sociaux.

Ces approches convergent vers une même idée : les formes sociales ne préexistent pas à leur régulation ; elles émergent à travers elle.

Distinction

Ce paradigme se distingue des conceptions classiques de la régulation.

Il ne considère pas la régulation comme une instance extérieure qui ajuste, corrige ou stabilise un système donné. Il la comprend comme une dynamique interne de formation des structures.

Il se distingue ainsi :

  • des modèles statiques, qui pensent les relations comme déjà constituées ;
  • des approches administratives, qui traitent la régulation comme gestion dun donné ;
  • de lInertie sociale symbolique, qui met laccent sur la reconduction des formes stabilisées.

Ici, la régulation est intrinsèquement générative.

Fonction dans le paysage théorique

Ce paradigme permet de penser :

  • la genèse des formes collectives ;
  • la transformation structurante des interdépendances ;
  • la propagation locale de configurations régulatrices ;
  • la manière dont des tensions deviennent productrices de formes nouvelles ;
  • les processus par lesquels un ordre se reconfigure de lintérieur.

Il éclaire particulièrement les situations où lordre ne peut être maintenu quen se transformant.

Rapport à larchicratie

Larchicratie trouve ici une ressource fondamentale.

Ce paradigme permet de comprendre que la co-viabilisation nest pas un simple ajustement entre entités données, mais un processus morphogénétique par lequel de nouvelles prises, relations et formes de coordination émergent.

Il éclaire ainsi la dimension dynamique de larchicration : les scènes, les prises et les médiations ne sont pas seulement des supports de régulation, mais des opérateurs de transformation.

Mais larchicratie introduit une exigence supplémentaire : la comparution.

Là où la morphogenèse décrit la formation des formes, larchicration demande où et comment ces transformations deviennent visibles, qualifiables et disputables.

Limite archicratique

Le gain de ce paradigme est sa capacité à penser la régulation comme production de formes.

Mais son angle mort possible est de ne pas garantir en lui-même les conditions de visibilité de cette production.

Une morphogenèse peut être extrêmement active tout en restant opaque, non documentée ou non disputable.

La question archicratique devient alors : comment rendre la morphogenèse comparable ?

Cest ici que larchicratie prolonge ce paradigme. Elle ne se contente pas de penser la transformation des interdépendances ; elle cherche à instituer des scènes où cette transformation peut être suivie, discutée et orientée.

Sans ces scènes, la morphogenèse peut produire des formes puissantes mais non maîtrisées. Avec elles, elle peut devenir un processus de co-viabilisation explicite.

Renvois