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| Archicrations guerrières | Archicrations guerrières |
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glossaire | referentiel | 0.2.0 | Méta-régime de co-viabilité dans lequel la stabilité collective repose sur l’organisation stratégique de la puissance, la maîtrise institutionnelle de la violence et la protection du collectif face à des menaces internes ou externes. |
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topologie | meta-regime | transversal | avance |
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Les archicrations guerrières désignent un méta-régime de co-viabilité dans lequel la stabilité collective repose sur l’organisation stratégique de la puissance, sur la maîtrise institutionnelle de la violence et sur la capacité à protéger le collectif face à des menaces internes ou externes.
Dans ces régimes, la régulation du commun dépend en profondeur de la capacité à contenir, affronter, repousser ou dissuader d’autres forces susceptibles de mettre en péril la continuité du groupe.
Principe régulateur
La co-viabilité repose ici sur la structuration stratégique de la force.
Les dispositifs militaires, les doctrines de défense, les alliances, les chaînes de commandement, les infrastructures logistiques de sécurité, les appareils de mobilisation et les stratégies de dissuasion deviennent des éléments centraux de l’organisation sociale.
La capacité à protéger le collectif, à maintenir un rapport de force viable ou à se préparer à l’affrontement structure alors l’ordre politique.
Distinction
Les archicrations guerrières ne se confondent ni avec les Archicrations normativo-politiques ni avec le Décisionnisme souverain.
- dans les archicrations guerrières, la tenue du commun dépend prioritairement de la capacité stratégique à organiser la puissance et la défense ;
- dans les archicrations normativo-politiques, elle dépend d’abord de la validité d’un cadre juridique formalisé ;
- dans le décisionnisme souverain, elle se reconcentre dans la capacité ultime à trancher l’exception.
Le guerrier peut évidemment s’articuler au juridique et au souverain, mais il désigne une logique spécifique : faire tenir le collectif par la puissance organisée.
Arcalité, cratialité, archicration
L’arcalité réside dans l’infrastructure stratégique : organisation militaire, doctrine de défense, géographie politique, hiérarchies de commandement, dispositifs de protection, récit de menace ou de sécurité.
La cratialité se manifeste dans la capacité à mobiliser, concentrer, projeter et orienter la puissance : commandement, logistique de guerre, armement, discipline, entraînement, capacité de dissuasion, de riposte ou de neutralisation.
L’archicration se joue dans les scènes de confrontation, de protection ou de préparation : planification stratégique, mobilisation, état d’alerte, contrôle des frontières, diplomatie de force, théâtre d’opérations, mais aussi scènes de justification de la défense et de hiérarchisation des menaces.
Portée archicratique
Les archicrations guerrières révèlent que la régulation collective peut reposer sur l’organisation stratégique de la puissance.
La continuité du collectif dépend alors de sa capacité à maîtriser la violence, à contenir les menaces, à organiser la défense et à maintenir un équilibre des forces avec d’autres collectifs.
Du point de vue archicratique, cela signifie qu’une société peut faire de la sécurité, de la préparation et de la puissance défensive le cœur même de sa tenue.
Formes historiques et contemporaines
Historiquement, ces régimes prennent des formes très diverses : cité en guerre, empire de conquête, appareil militaro-administratif, État de défense, société de frontière, régime de dissuasion.
Dans les contextes contemporains, les archicrations guerrières se recomposent souvent avec :
- la guerre informationnelle ;
- les dispositifs de surveillance ;
- la cybersécurité ;
- la gestion anticipatrice des menaces ;
- la préemption stratégique ;
- et l’extension de la logique sécuritaire à des domaines non strictement militaires.
Le guerrier tend alors parfois à se diffuser dans des architectures techniques et administratives plus larges.
Pathologies possibles
Les archicrations guerrières deviennent pathologiques lorsque la protection se transforme en principe total d’organisation du commun.
Leurs dérives incluent notamment :
- la normalisation durable de l’urgence ;
- la militarisation du regard politique ;
- la prééminence de la menace sur la délibération ;
- l’extension du paradigme défensif à des domaines civils ;
- la légitimation de la fermeture au nom de la sécurité ;
- la difficulté croissante à distinguer défense, contrôle et préemption.
L’angle mort du régime guerrier est de faire comme si la protection suffisait à elle seule à définir la qualité du commun.
Enjeu politique
Une archicration guerrière soutenable suppose non seulement des capacités de défense, mais aussi des scènes où puissent être discutés :
- les seuils de menace ;
- la légitimité des dispositifs de protection ;
- la proportion entre sécurité et liberté d’action ;
- les formes de contrôle que la préparation stratégique introduit dans la vie collective.
Le problème n’est donc pas d’ignorer la nécessité de la puissance, mais d’empêcher qu’elle devienne indisputable au nom de sa propre urgence.