6.4 KiB
title, term, aliases, urlAliases, mobilizedAuthors, comparisonTraditions, edition, status, version, definitionShort, concepts, links, kind, family, domain, level, related, opposedTo, seeAlso
| title | term | aliases | urlAliases | mobilizedAuthors | comparisonTraditions | edition | status | version | definitionShort | concepts | links | kind | family | domain | level | related | opposedTo | seeAlso | |||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Archicrations esthético-symboliques | Archicrations esthético-symboliques |
|
|
|
glossaire | referentiel | 0.2.0 | Méta-régime de co-viabilité dans lequel la régulation collective passe par la production, la circulation et la reconnaissance de formes symboliques et esthétiques partageables. |
|
topologie | meta-regime | transversal | avance |
|
|
Les archicrations esthético-symboliques désignent un méta-régime de co-viabilité dans lequel la régulation collective s’appuie sur la production, la circulation et la reconnaissance de formes symboliques partageables.
Dans ces régimes, la cohésion du collectif ne tient pas d’abord à la seule loi, au seul calcul, ni même au seul récit historique, mais à la capacité de rendre sensible, visible, audible et partageable une certaine configuration du commun.
Principe régulateur
La stabilité sociale dépend ici de la capacité à produire des formes sensibles capables d’orienter l’attention, de configurer l’imaginaire, de distribuer le visible et l’invisible, le dicible et l’indicible, le recevable et l’irrecevable.
Les arts, les symboles, les figures, les rituels esthétiques, les mises en scène collectives, les emblèmes, les images, les styles de représentation ou les dispositifs médiatiques deviennent alors des opérateurs de régulation.
Le collectif tient en partie par ce qu’il parvient à se rendre sensible à lui-même.
Distinction
Les archicrations esthético-symboliques ne se confondent ni avec les Archicrations historiographiques ni avec les Archicrations épistémiques.
- dans les archicrations esthético-symboliques, la régulation passe prioritairement par la forme sensible, la représentation et l’imaginaire partagé ;
- dans les archicrations historiographiques, elle passe par l’autorité du récit du passé ;
- dans les archicrations épistémiques, elle passe par la validité institutionnelle du savoir.
Une forme symbolique peut transmettre de l’histoire ou du savoir, mais son efficacité propre réside dans la mise en scène du monde commun.
Arcalité, cratialité, archicration
L’arcalité réside dans les imaginaires collectifs qui configurent les figures du monde, les schèmes de représentation, les signes légitimes et les formes de sensibilité partagée.
La cratialité se manifeste dans la capacité de certaines institutions culturelles, traditions symboliques, industries de visibilité, figures créatrices ou appareils médiatiques à produire, imposer ou rendre dominantes certaines représentations du commun.
L’archicration se joue dans les scènes de création, de circulation et de réception : cérémonies, performances, œuvres, rites publics, productions culturelles, espaces médiatiques, formes d’exposition et d’appropriation collective.
Portée archicratique
Ce régime montre que la co-viabilité peut être stabilisée par des dispositifs sensibles et symboliques.
Mais ces formes ne se contentent pas de refléter un ordre déjà là.
Elles participent activement à sa tenue, à sa légitimation, à sa contestation ou à sa reconfiguration.
L’archicratie y trouve donc un terrain majeur : celui où les architectures de régulation passent par la forme même du perceptible.
Ambivalence régulatrice
Les archicrations esthético-symboliques peuvent soutenir :
- la reconnaissance d’un commun ;
- la densification d’un monde partageable ;
- la transmission sensible d’une appartenance ;
- l’ouverture de scènes de dissensus, de déplacement ou de réinvention.
Mais elles peuvent aussi servir :
- à saturer la visibilité ;
- à naturaliser certains partages symboliques ;
- à capter l’attention au profit d’images closes ;
- à substituer l’exposition médiatique à la reconnaissance réelle.
Elles relèvent donc d’un régime profondément ambivalent.
Formes contemporaines
Dans les sociétés contemporaines, ces archicrations passent souvent par des circuits intensifs de médiatisation, de design symbolique, d’esthétisation politique et de mise en scène institutionnelle.
Le problème n’est alors pas seulement celui de la création ou de l’œuvre, mais celui de la manière dont les formes de visibilité organisent l’accès à la parole, à la reconnaissance et à la conflictualité légitime.
Une société peut être saturée d’images tout en étant pauvre en scènes de comparution réelle.
Enjeu politique
L’enjeu n’est pas simplement de “produire plus de symboles”, mais de comprendre quelles formes sensibles soutiennent une co-viabilité plus riche, plus contestable et plus réinstituable.
Une archicration esthético-symbolique soutenable suppose des scènes où la forme ne sert pas seulement à recouvrir le conflit, mais aussi à le rendre perceptible, partageable et transformable.