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| Technodiversité et cosmotechnie | Technodiversité et cosmotechnie |
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glossaire | referentiel | 0.2.1 | Paradigme selon lequel les techniques ne sont pas universelles mais indissociables de cosmologies situées, impliquant une pluralité irréductible de formes de rationalité, de régulation et d’habitabilité du monde. |
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paradigme | paradigme | theorie | avance |
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La technodiversité et la cosmotechnie désignent ici un paradigme selon lequel les techniques ne constituent pas un domaine universel homogène, mais des configurations situées, indissociables de cosmologies, de formes de vie et de régimes de normativité spécifiques.
Il n’existe pas “la technique” en général, mais une pluralité de manières d’articuler opérations techniques, ordre du monde et finalités humaines.
Ancrage théorique minimal
Chez Yuk Hui, la notion de cosmotechnie désigne l’unité d’une technique et d’une cosmologie : toute technique suppose une manière de comprendre le monde, d’y situer l’humain et d’ordonner les finalités de l’action.
La technodiversité désigne alors la pluralité irréductible de ces couplages entre techniques et mondes.
Cette approche critique l’idée d’une rationalité technique universelle qui pourrait s’imposer indépendamment des contextes culturels, historiques et cosmologiques. Elle montre que l’expansion d’un modèle technique unique correspond toujours à une forme de réduction des mondes possibles.
Distinction
Ce paradigme ne se confond ni avec un relativisme culturel, ni avec un pluralisme descriptif.
Il affirme une thèse plus forte : les techniques sont constitutivement situées et ne peuvent être pleinement comprises ni évaluées indépendamment des cosmologies qui les portent.
Il se distingue ainsi :
- des modèles universalistes, qui supposent une rationalité technique neutre et exportable ;
- des approches strictement instrumentales, qui isolent les dispositifs de leurs conditions de sens ;
- de la Cybernétique et de la Gouvernementalité algorithmique, lorsqu’elles tendent à homogénéiser les régimes de régulation à partir de logiques calculatoires généralisées.
Fonction dans le paysage théorique
Ce paradigme permet de penser :
- la pluralité des rationalités techniques ;
- l’inscription des dispositifs dans des mondes de sens ;
- les conflits entre trajectoires technologiques ;
- la réduction des mondes induite par l’universalisation technique ;
- la possibilité de bifurcations techniques non hégémoniques.
Il éclaire particulièrement les situations où un modèle technique s’impose en invisibilisant d’autres formes possibles d’habiter le monde.
Rapport à l’archicratie
L’archicratie trouve ici une ressource théorique majeure.
Ce paradigme montre que toute régulation technique est située : elle repose sur des choix implicites de valeurs, de finalités, de temporalités et de formes d’existence.
Du point de vue archicratique, cela implique que la co-viabilisation ne peut pas être pensée comme simple coordination technique. Elle doit intégrer la pluralité des mondes techniques et des formes d’habitabilité.
Mais l’archicratie introduit une exigence supplémentaire : la comparution entre ces mondes.
Là où la technodiversité affirme la pluralité, l’archicration demande comment cette pluralité peut devenir :
- visible ;
- traduisible ;
- arbitrable ;
- politiquement soutenable dans une scène commune.
Limite archicratique
Le gain du paradigme est décisif : il empêche de penser la technique comme universelle et ouvre la possibilité de mondes multiples.
Mais son angle mort tient à la difficulté de composition.
La technodiversité affirme la pluralité, mais ne fournit pas en elle-même les conditions de sa mise en relation.
La question archicratique devient alors : comment faire coexister des cosmotechnies hétérogènes ?
C’est ici que l’archicratie prolonge ce paradigme. Elle ne cherche pas à unifier les techniques, mais à instituer des scènes de traduction, de négociation et de co-viabilisation entre elles.
Sans ces scènes, la pluralité reste fragmentée ou dominée. Avec elles, elle peut devenir une pluralité organisée.