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| Gouvernementalité | Gouvernementalité |
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glossaire | referentiel | 0.2.0 | Paradigme d’analyse du pouvoir centré sur la conduite des conduites, les rationalités de gouvernement et les techniques de gestion des populations. |
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paradigme | paradigme | theorie | fondamental |
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La gouvernementalité désigne ici un paradigme d’analyse du pouvoir centré sur la conduite des conduites : la manière dont des institutions, savoirs, normes, dispositifs, calculs et techniques orientent les comportements individuels et collectifs.
Ancrage théorique minimal
Chez Michel Foucault, la gouvernementalité désigne une transformation majeure de l’analyse du pouvoir. Le pouvoir ne se comprend pas seulement comme souveraineté juridique, commandement étatique ou répression directe. Il s’exerce aussi comme conduite des conduites : agir sur les manières d’agir, structurer les possibles, orienter les comportements, aménager les milieux, produire des normes et organiser des populations.
La gouvernementalité articule ainsi trois dimensions : des rationalités de gouvernement, des dispositifs techniques et administratifs, et des formes de savoir capables de rendre les conduites calculables, comparables et pilotables.
Elle permet de comprendre comment le pouvoir moderne agit à travers la sécurité, la statistique, l’administration, l’économie politique, la santé publique, l’expertise, la normalisation et la gestion des populations.
Son intérêt décisif tient au fait qu’elle déplace l’analyse du pouvoir : il ne s’agit plus seulement de savoir qui commande, mais comment des conduites sont rendues gouvernables.
Distinction
La gouvernementalité ne se confond ni avec la souveraineté classique, ni avec la seule bureaucratie, ni avec la simple domination idéologique.
Elle désigne une forme de pouvoir qui agit moins par ordre direct que par structuration des milieux, des normes, des seuils, des incitations, des risques, des classements et des formats d’action.
Elle se distingue ainsi :
- de la Volonté générale, qui pense la légitimité depuis l’auto-législation collective ;
- du Décisionnisme souverain, qui pense l’ordre depuis l’acte de décision ;
- de la Domination légale-rationnelle, qui privilégie la règle, l’office et la procédure.
Fonction dans le paysage théorique
Ce paradigme permet de penser :
- les dispositifs de sécurité ;
- la gestion des populations ;
- la normalisation des conduites ;
- l’administration des comportements ;
- la production de savoirs gouvernementaux ;
- les formes diffuses, techniques et capillaires du pouvoir ;
- le passage de la souveraineté juridique au gouvernement des milieux, des risques et des conduites.
Rapport à l’archicratie
L’archicratie trouve dans la gouvernementalité une ressource diagnostique majeure.
La gouvernementalité montre que la régulation peut agir sans se présenter comme commandement souverain. Elle peut passer par des indicateurs, des normes, des classements, des procédures, des dispositifs de sécurité, des formats administratifs, des incitations ou des environnements techniques.
Du point de vue archicratique, elle éclaire donc une cratialité souvent douce, diffuse et enveloppante : une puissance de conduite qui agit en organisant les conditions mêmes de l’action.
Mais l’archicratie ajoute une exigence : rendre ces prises comparables, discutables et révisables.
Là où la gouvernementalité décrit comment les conduites sont gouvernées, l’archicration demande où ces dispositifs peuvent comparaître. Qui peut identifier les rationalités à l’œuvre ? Qui peut contester les seuils, les normes, les catégories et les effets produits ? Quels formats permettent de transformer ce qui gouverne sans apparaître ?
Limite archicratique
Le gain foucaldien est considérable : il rend visible un pouvoir qui n’a plus besoin de se montrer comme souverain pour être effectif.
Mais, du point de vue archicratique, cette puissance critique laisse une difficulté ouverte. La gouvernementalité permet de diagnostiquer la diffusion du pouvoir, mais elle ne formalise pas toujours les conditions institutionnelles, documentaires et scéniques de sa reprise.
Elle montre comment les conduites sont orientées ; elle dit moins comment les architectures de conduite peuvent être réouvertes, justifiées, contestées et co-viabilisées.
La question archicratique devient alors : comment transformer une rationalité de gouvernement en objet de comparution ?
C’est ici que l’archicratie prolonge Foucault. Elle ne refuse pas le diagnostic gouvernemental ; elle cherche à lui adosser des scènes d’épreuve, des contre-prises, des journaux de justification et des cartographies des scènes manquantes et des dispositifs capables de rendre contestable ce qui gouverne silencieusement.
Références minimales
- Michel Foucault, Sécurité, territoire, population, cours au Collège de France, 1977-1978.
- Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, cours au Collège de France, 1978-1979.
- Michel Foucault, Surveiller et punir, 1975.
- Michel Foucault, Histoire de la sexualité I. La volonté de savoir, 1976.