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Gouvernementalité Gouvernementalité
Paradigme gouvernemental
Foucault
gouvernementalite
Michel Foucault
philosophie française contemporaine
analytique du pouvoir
études de gouvernement
glossaire referentiel 0.2.0 Paradigme danalyse du pouvoir centré sur la conduite des conduites, les rationalités de gouvernement et les techniques de gestion des populations.
gouvernementalite
pouvoir
population
regulation
conduite-des-conduites
dispositif
paradigme paradigme theorie fondamental
archicratie
biopolitique
gouvernementalite-algorithmique
scene-depreuve
preemption-algorithmique
domination-legale-rationnelle
cybernetique
pharmacologie-technique
volonte-generale
lieu-vide-du-pouvoir
primaryNext primaryReason paths
biopolitique La biopolitique précise le versant populationnel de la gouvernementalité avant son basculement algorithmique.
understand deepen compare apply
biopolitique
domination-legale-rationnelle
cybernetique
gouvernementalite-algorithmique
pharmacologie-technique
scene-depreuve
volonte-generale
lieu-vide-du-pouvoir
democratie-deliberative
audit-archicratique
cartographie-des-scenes-manquantes
journal-de-justification

La gouvernementalité désigne ici un paradigme danalyse du pouvoir centré sur la conduite des conduites : la manière dont des institutions, savoirs, normes, dispositifs, calculs et techniques orientent les comportements individuels et collectifs.

Ancrage théorique minimal

Chez Michel Foucault, la gouvernementalité désigne une transformation majeure de lanalyse du pouvoir. Le pouvoir ne se comprend pas seulement comme souveraineté juridique, commandement étatique ou répression directe. Il sexerce aussi comme conduite des conduites : agir sur les manières dagir, structurer les possibles, orienter les comportements, aménager les milieux, produire des normes et organiser des populations.

La gouvernementalité articule ainsi trois dimensions : des rationalités de gouvernement, des dispositifs techniques et administratifs, et des formes de savoir capables de rendre les conduites calculables, comparables et pilotables.

Elle permet de comprendre comment le pouvoir moderne agit à travers la sécurité, la statistique, ladministration, léconomie politique, la santé publique, lexpertise, la normalisation et la gestion des populations.

Son intérêt décisif tient au fait quelle déplace lanalyse du pouvoir : il ne sagit plus seulement de savoir qui commande, mais comment des conduites sont rendues gouvernables.

Distinction

La gouvernementalité ne se confond ni avec la souveraineté classique, ni avec la seule bureaucratie, ni avec la simple domination idéologique.

Elle désigne une forme de pouvoir qui agit moins par ordre direct que par structuration des milieux, des normes, des seuils, des incitations, des risques, des classements et des formats daction.

Elle se distingue ainsi :

Fonction dans le paysage théorique

Ce paradigme permet de penser :

  • les dispositifs de sécurité ;
  • la gestion des populations ;
  • la normalisation des conduites ;
  • ladministration des comportements ;
  • la production de savoirs gouvernementaux ;
  • les formes diffuses, techniques et capillaires du pouvoir ;
  • le passage de la souveraineté juridique au gouvernement des milieux, des risques et des conduites.

Rapport à larchicratie

Larchicratie trouve dans la gouvernementalité une ressource diagnostique majeure.

La gouvernementalité montre que la régulation peut agir sans se présenter comme commandement souverain. Elle peut passer par des indicateurs, des normes, des classements, des procédures, des dispositifs de sécurité, des formats administratifs, des incitations ou des environnements techniques.

Du point de vue archicratique, elle éclaire donc une cratialité souvent douce, diffuse et enveloppante : une puissance de conduite qui agit en organisant les conditions mêmes de laction.

Mais larchicratie ajoute une exigence : rendre ces prises comparables, discutables et révisables.

Là où la gouvernementalité décrit comment les conduites sont gouvernées, larchicration demande où ces dispositifs peuvent comparaître. Qui peut identifier les rationalités à lœuvre ? Qui peut contester les seuils, les normes, les catégories et les effets produits ? Quels formats permettent de transformer ce qui gouverne sans apparaître ?

Limite archicratique

Le gain foucaldien est considérable : il rend visible un pouvoir qui na plus besoin de se montrer comme souverain pour être effectif.

Mais, du point de vue archicratique, cette puissance critique laisse une difficulté ouverte. La gouvernementalité permet de diagnostiquer la diffusion du pouvoir, mais elle ne formalise pas toujours les conditions institutionnelles, documentaires et scéniques de sa reprise.

Elle montre comment les conduites sont orientées ; elle dit moins comment les architectures de conduite peuvent être réouvertes, justifiées, contestées et co-viabilisées.

La question archicratique devient alors : comment transformer une rationalité de gouvernement en objet de comparution ?

Cest ici que larchicratie prolonge Foucault. Elle ne refuse pas le diagnostic gouvernemental ; elle cherche à lui adosser des scènes dépreuve, des contre-prises, des journaux de justification et des cartographies des scènes manquantes et des dispositifs capables de rendre contestable ce qui gouverne silencieusement.

Références minimales

  • Michel Foucault, Sécurité, territoire, population, cours au Collège de France, 1977-1978.
  • Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, cours au Collège de France, 1978-1979.
  • Michel Foucault, Surveiller et punir, 1975.
  • Michel Foucault, Histoire de la sexualité I. La volonté de savoir, 1976.

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