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| Contractualisme hobbesien | Contractualisme hobbesien |
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glossaire | referentiel | 0.2.1 | Doctrine fondatrice faisant de la sortie de la guerre de tous contre tous et de l’institution d’un souverain garant de la sécurité le principe premier de l’ordre politique. |
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doctrine | doctrine | theorie | fondamental |
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Le contractualisme hobbesien désigne ici une doctrine fondatrice selon laquelle l’ordre politique tire sa légitimité première de sa capacité à conjurer la conflictualité destructrice et à garantir la sécurité commune.
Ancrage théorique minimal
Chez Thomas Hobbes, le problème politique fondamental est celui de la guerre civile et de la désagrégation de l’ordre commun. Dans l’état de nature, les individus disposent d’une liberté telle qu’aucune autorité commune ne vient stabiliser durablement leurs rapports.
La formule de la “guerre de tous contre tous” ne décrit pas seulement un chaos permanent ; elle désigne une situation d’insécurité structurelle où chacun peut craindre autrui, anticiper l’agression et chercher à se protéger par avance.
Le contrat institue alors une autorité commune : le souverain. Les individus autorisent une puissance souveraine à une instance capable d’imposer la paix, de fixer la loi et de garantir la sécurité.
L’ordre politique naît donc d’un impératif de pacification. La légitimité du pouvoir tient d’abord à sa capacité à empêcher le retour de la guerre civile.
Distinction
Cette doctrine ne pense pas la politique depuis la pluralité du commun, mais depuis le risque de son effondrement.
Le contrat n’y est pas principalement une procédure dialogique. Il est l’opération fondatrice par laquelle les individus autorisent une puissance commune capable de les contraindre au nom de leur conservation.
Elle se distingue ainsi :
- de la Volonté générale, qui pense la légitimité depuis l’auto-législation collective ;
- de la Démocratie délibérative, qui insiste sur la justification publique ;
- de la Gouvernance des communs, qui privilégie des régulations distribuées et situées.
Fonction dans le paysage théorique
Le contractualisme hobbesien constitue une matrice majeure de pensée de l’ordre moderne.
Il permet de penser :
- la centralité de la sécurité ;
- la peur comme opérateur de fondation politique ;
- la nécessité d’un principe d’unification ;
- la sortie de la conflictualité destructrice ;
- la relation entre conservation, souveraineté et obéissance ;
- la tendance à reconduire la régulation à une fonction de pacification verticale.
Rapport à l’archicratie
L’archicratie reconnaît la puissance du problème hobbesien : aucun ordre collectif ne peut tenir si la conflictualité devient absolument destructrice.
Mais elle se distingue du contractualisme hobbesien en refusant de réduire la tenue de l’ordre à l’unité souveraine ou à la seule pacification.
Du point de vue archicratique, Hobbes produit une arcalité forte : fondation, autorisation, souveraineté, sécurité. Il produit aussi une cratialité puissante : capacité d’imposer la loi, de contraindre, de pacifier et de stabiliser.
Mais l’archicration demeure faible. La scène de contestation, de révision et de co-viabilisation reste largement subordonnée à l’impératif de sécurité.
Autrement dit, Hobbes voit puissamment la nécessité de tenir ; l’archicratie demande en plus comment cette tenue peut rester visible, disputable, révisable et co-viable.
Limite archicratique
Le gain hobbesien est considérable : il rend pensable la nécessité d’un ordre commun lorsque la désagrégation menace.
Mais, du point de vue archicratique, son angle mort est majeur. La sécurité peut absorber la scène. La fondation peut se substituer à la révision. La pacification peut neutraliser les tensions au lieu de les rendre politiquement traitables.
La question archicratique devient alors : comment empêcher que la nécessité de tenir devienne justification d’une fermeture durable ?
Le contractualisme hobbesien demeure donc une doctrine fondatrice décisive, mais insuffisante pour penser une régulation tensionnelle, modulante, révisable et orientée vers la co-viabilité.
Références minimales
- Thomas Hobbes, Leviathan, 1651.
- Thomas Hobbes, De Cive, 1642.
- Thomas Hobbes, The Elements of Law, 1640.