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| Domination légale-rationnelle | Domination légale-rationnelle |
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glossaire | referentiel | 0.2.0 | Paradigme de régulation fondé sur la légalité formelle, la compétence fonctionnelle, l’impersonnalité des règles et l’organisation bureaucratique de l’autorité. |
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paradigme | paradigme | theorie | fondamental |
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La domination légale-rationnelle désigne ici un paradigme de régulation fondé sur la légalité formelle, la compétence fonctionnelle, l’impersonnalité des règles et l’organisation bureaucratique de l’autorité.
Ancrage théorique minimal
Chez Max Weber, la domination légale-rationnelle désigne un type de légitimité dans lequel l’obéissance ne porte pas d’abord sur une personne, une tradition ou une qualité charismatique, mais sur un ordre légal formellement établi.
La bureaucratie en constitue la forme institutionnelle privilégiée. Elle repose sur des compétences définies, des règles explicites, une hiérarchie fonctionnelle, des procédures écrites, une séparation entre la personne et l’office, et une continuité administrative relativement indépendante des individus qui occupent les postes.
Son gain historique est considérable : elle permet la prévisibilité, la traçabilité, la stabilité, l’égalité formelle de traitement et l’action à grande échelle.
Mais cette puissance a un revers : l’appareil peut se refermer sur ses propres procédures, transformer la règle en fin en soi, et produire une rationalité administrative difficilement révisable par ceux qu’elle affecte.
Distinction
La domination légale-rationnelle ne se confond pas avec l’existence banale d’une administration.
Elle désigne un type spécifique de légitimité et d’organisation : l’obéissance porte sur la règle et sur la fonction, non sur la personne comme telle.
Elle se distingue ainsi :
- de l’Exception souveraine, qui suspend la norme ordinaire ;
- du Décisionnisme souverain, qui privilégie le tranchant de la fondation ;
- de l’Agencement machinique, qui pense la composition des flux sans centre fonctionnel unique.
Fonction dans le paysage théorique
Ce paradigme permet de penser :
- la formalisation moderne du pouvoir ;
- la montée en puissance des appareils administratifs ;
- la continuité d’un ordre par procédures, dossiers et compétences ;
- la possibilité de gouverner à grande échelle par standardisation ;
- la séparation entre office, personne et décision ;
- la tension entre rationalité procédurale et révisabilité politique.
Rapport à l’archicratie
L’archicratie ne remplace pas la domination légale-rationnelle : elle la resitue dans une écologie plus large de la régulation.
La légalité formelle et la bureaucratie ne sont pas seulement des instruments neutres. Elles constituent une composition spécifique d’arcalité, de cratialité et d’archicration.
Elles fournissent une arcalité forte : règles, compétences, procédures, légitimité formelle. Elles produisent aussi une cratialité décisive : capacité d’exécution, de classement, de traitement, d’allocation, de sanction et de continuité.
Mais l’archicratie demande en plus où ces procédures peuvent comparaître. Une règle peut être légale sans être suffisamment justifiée ; une procédure peut être régulière sans être habitable ; un dossier peut être traité correctement sans que la personne affectée dispose d’une prise réelle sur la décision.
La domination légale-rationnelle éclaire donc la stabilisation impersonnelle de l’ordre ; l’archicration demande les scènes où cet ordre peut être rendu visible, contestable et révisable.
Limite archicratique
Le gain weberien est considérable : il rend l’exécution possible, continue, prévisible et relativement détachée de l’arbitraire personnel.
Mais, du point de vue archicratique, son angle mort est net. L’office peut se reconduire lui-même. La règle peut s’imposer sans reprise. La procédure peut devenir empêchement silencieux. La compétence fonctionnelle peut neutraliser la question du sens, de la justice ou de la co-viabilité.
La bureaucratie est donc une prise indispensable, mais incomplète. Elle doit être réouverte par des scènes de justification, des contre-prises délibératives, des formes de publicité et des dispositifs capables de limiter son inertie normative.
Références minimales
- Max Weber, Wirtschaft und Gesellschaft (Économie et société), 1921-1922.
- Max Weber, Le Savant et le politique, 1919.
- Max Weber, « Les types de domination légitime », dans Économie et société.