Files
archicratie-edition/src/content/glossaire/fait-social-total.md

6.7 KiB
Raw Blame History

title, term, aliases, urlAliases, mobilizedAuthors, comparisonTraditions, edition, status, version, definitionShort, concepts, links, kind, family, domain, level, related, opposedTo, seeAlso, navigation
title term aliases urlAliases mobilizedAuthors comparisonTraditions edition status version definitionShort concepts links kind family domain level related opposedTo seeAlso navigation
Fait social total Fait social total
Paradigme du fait social total
fait-social-total
Marcel Mauss
anthropologie sociologique
théorie du don
anthropologie des obligations
glossaire referentiel 0.2.0 Paradigme de régulation dans lequel les échanges, obligations et symbolisations engagent simultanément les dimensions économiques, juridiques, rituelles, politiques et affectives de la vie collective.
fait-social-total
echange
obligation
symbolisation
cohesion
don
paradigme paradigme theorie intermediaire
archicratie
arcalite
co-viabilite
tension
archicrations-proto-symboliques
archicrations-sacrales-non-etatiques
configuration-et-interdependance
habitus-et-violence-symbolique
preemption-algorithmique
theorie-de-la-resonance
gouvernance-des-communs
primaryNext primaryReason paths
configuration-et-interdependance Les configurations dinterdépendance permettent de déplier les obligations totales en chaînes relationnelles et historiques.
understand deepen compare apply
arcalite
co-viabilite
tension
configuration-et-interdependance
habitus-et-violence-symbolique
theorie-de-la-resonance
preemption-algorithmique
gouvernance-des-communs
archicrations-sacrales-non-etatiques
scene-depreuve
archidiagnostic
cartographie-des-scenes-manquantes

Le fait social total désigne ici un paradigme de régulation dans lequel les échanges, obligations et symbolisations engagent simultanément les dimensions économiques, juridiques, rituelles, politiques et affectives de la vie collective.

Ancrage théorique minimal

Chez Marcel Mauss, le fait social total désigne des pratiques qui mobilisent la société dans plusieurs dimensions à la fois. Dans lEssai sur le don, le don nest jamais un simple transfert économique : il engage des obligations de donner, de recevoir et de rendre, mais aussi des formes de prestige, dalliance, de dette, dhonneur, de mémoire, de rivalité et de reconnaissance.

Lintérêt du concept tient précisément à ce refus de séparer artificiellement ce qui, dans la vie collective, fonctionne ensemble. Léchange est à la fois économique, juridique, religieux, symbolique, politique et affectif. Il produit de la cohésion, mais aussi de la hiérarchie, de lobligation et de la contrainte.

Le fait social total permet donc de penser une régulation diffuse, incorporée dans des pratiques collectives chargées de sens, plutôt que localisée dans un appareil spécialisé ou une norme explicite.

Lusage archicratique du concept retient cette puissance dintégration : certaines régulations tiennent parce quelles condensent des arcalités symboliques, des cratialités pratiques et des formes de reconnaissance collective dans une même scène sociale.

Distinction

Le fait social total ne désigne pas seulement un phénomène “important” ou “global”.

Il désigne une forme sociale dans laquelle plusieurs ordres de réalité sont simultanément engagés : échange, obligation, prestige, dette, alliance, rite, droit, affect, mémoire et pouvoir.

Il se distingue donc :

  • dune approche purement économique, qui réduirait léchange à lintérêt ;
  • dune approche purement juridique, qui réduirait lobligation à la règle ;
  • dune approche purement symbolique, qui négligerait les effets matériels, politiques et sociaux de ces pratiques.

Fonction dans le paysage théorique

Ce paradigme permet de penser :

  • les formes de cohésion produites par lobligation réciproque ;
  • les régulations diffuses portées par les échanges ;
  • lentrelacement du droit, du rite, de léconomie et du symbolique ;
  • la puissance sociale de la dette, du don, du contre-don et de la reconnaissance ;
  • la manière dont certaines pratiques tiennent lieu dinfrastructure collective avant toute spécialisation institutionnelle.

Rapport à larchicratie

Larchicratie trouve ici une ressource majeure : le fait social total montre quune régulation ne se réduit jamais à ses organes visibles.

Une société tient aussi par des pratiques déchange, dobligation, de reconnaissance et de transmission qui composent silencieusement les conditions de la co-viabilité.

Du point de vue archicratique, ces pratiques condensent une arcalité forte : elles donnent forme, légitimité et continuité au collectif. Elles produisent aussi une cratialité réelle : elles obligent, orientent, distribuent les places, stabilisent les alliances et transforment les rapports sociaux.

Mais larchicratie ajoute une question : ces obligations peuvent-elles comparaître ? Peuvent-elles être discutées, requalifiées, contestées ou révisées lorsque leur puissance intégratrice devient contrainte, exclusion ou captation ?

Limite archicratique

Le gain maussien est considérable : il permet de penser la régulation diffuse avant la spécialisation moderne des institutions.

Mais, du point de vue archicratique, cette puissance intégrative laisse une difficulté ouverte. Une obligation peut tenir sans être clairement visible. Elle peut lier sans être explicitement justifiée. Elle peut produire du commun tout en enfermant certains acteurs dans des dettes, des places ou des attentes difficilement contestables.

La question archicratique devient alors : comment faire comparaître les obligations qui tiennent le collectif ?

Larchicratie ne nie donc pas la puissance du fait social total. Elle cherche à déterminer à quelles conditions cette puissance peut devenir lisible, disputable, révisable et co-viabilisable.

Références minimales

  • Marcel Mauss, Essai sur le don, 1925.
  • Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, 1950.
  • Marcel Mauss, Manuel dethnographie, 1947.

Renvois