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| Dissensus politique | Dissensus politique |
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glossaire | referentiel | 0.2.0 | Paradigme politique dans lequel le litige, le désaccord et l’apparition conflictuelle des voix exclues constituent une dimension constitutive de la scène commune. |
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paradigme | paradigme | theorie | fondamental |
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Le dissensus politique désigne ici un paradigme politique dans lequel le litige, le désaccord et l’apparition conflictuelle des voix exclues constituent une dimension constitutive de la scène commune.
Ancrage théorique minimal
Chez Jacques Rancière, le dissensus ne se réduit pas à un simple désaccord d’opinions. Il correspond à une rupture dans le partage du sensible : ce qui était invisible devient visible, ce qui était inaudible devient audible, ce qui n’était pas reconnu comme parole politique apparaît comme parole légitime.
Chez Chantal Mouffe, l’agonisme insiste sur le fait que le conflit ne peut pas être éliminé de la démocratie. Il doit être institué, orienté et rendu politiquement praticable, afin que l’adversaire ne soit pas transformé en ennemi à détruire.
L’usage archicratique retient cette double leçon : une scène commune n’est jamais donnée une fois pour toutes ; elle doit pouvoir accueillir l’apparition de litiges qui déplacent les places, les voix et les évidences établies.
Distinction
Le dissensus politique ne relève ni du chaos pur, ni de la violence pour elle-même, ni d'une glorification abstraite de l’affrontement.
Il met en jeu une conflictualité instituante : le conflit peut révéler ce qu’un ordre rendait invisible, corriger des exclusions, déplacer les critères de légitimité et rouvrir la scène commune.
Il se distingue ainsi :
- d’une simple délibération consensuelle, qui peut neutraliser le litige au nom de l’accord ;
- du Décisionnisme souverain, qui tranche sans laisser comparaître les voix affectées ;
- de la Préemption algorithmique, qui neutralise l’épreuve avant sa comparution.
Fonction dans le paysage théorique
Ce paradigme permet de penser :
- la conflictualité constitutive du politique ;
- la scène publique comme espace de litige ;
- l’apparition de sujets jusque-là invisibilisés ;
- la contestabilité des distributions établies ;
- la différence entre pacification apparente et véritable scène commune.
Rapport à l’archicratie
L’archicration trouve ici un voisinage très fort : elle suppose elle aussi des scènes où l’ordre peut comparaître, être mis à l’épreuve, contesté et transformé.
Mais l’archicratie introduit une exigence supplémentaire. Elle ne demande pas seulement que le conflit apparaisse ; elle demande comment cette apparition devient prise régulatrice.
Autrement dit, le dissensus rend visible le tort, l’exclusion ou le partage contesté ; l’archicratie demande par quelles médiations, quels formats, quelles archives, quels délais et quelles institutions cette visibilité peut produire une révision effective.
Limite archicratique
Le gain du dissensus est décisif : il empêche de confondre ordre commun et consensus apparent.
Mais, du point de vue archicratique, une conflictualité non médiée peut demeurer sans suite. Elle peut rendre visible sans transformer, dénoncer sans instituer, ouvrir une scène sans produire de prise durable sur les architectures de régulation.
La question archicratique devient alors : comment faire passer le litige de l’apparition à la transformation ?
C’est ici que l’archicratie prolonge le dissensus. Elle ne cherche pas à l’abolir, mais à lui donner des conditions de tenue, de mémoire, de reprise et de co-viabilisation.
Références minimales
- Jacques Rancière, La Mésentente, 1995.
- Jacques Rancière, Le Partage du sensible, 2000.
- Chantal Mouffe, The Democratic Paradox, 2000.
- Chantal Mouffe, On the Political, 2005.