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feat(glossaire): ajouter la topologie des régimes de régulation
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Conatus et multitude Conatus et multitude
Conatus
Multitude
Affects et multitude
conatus-et-multitude
Baruch Spinoza
Antonio Negri
Spinozisme politique
glossaire referentiel 0.1.0 Paradigme immanent de régulation dans lequel la tenue du collectif dépend des affects, des puissances dagir et des compositions mouvantes dune multitude de singularités interdépendantes.
conatus-et-multitude
conatus
multitude
affect
puissance
paradigme paradigme theorie avance
archicratie
tension
co-viabilite
theorie-de-la-resonance
decisionnisme-souverain
exception-souveraine
configuration-et-interdependance
transduction-et-individuation
agencement-machinique
primaryNext primaryReason paths
configuration-et-interdependance La configuration et linterdépendance permettent de traduire les puissances immanentes de la multitude en formes relationnelles stabilisées et évolutives.
understand deepen compare apply
tension
co-viabilite
theorie-de-la-resonance
configuration-et-interdependance
transduction-et-individuation
agencement-machinique
decisionnisme-souverain
exception-souveraine
pluralite-natalite-action
scene-depreuve
archicration
pluralite-natalite-action

Le conatus et la multitude désignent ici un paradigme immanent de régulation dans lequel la tenue du collectif dépend des affects, des puissances dagir et des compositions mouvantes dune pluralité de singularités interdépendantes.

Lordre ny est pas conçu comme application dune norme transcendante, mais comme résultante toujours instable de puissances, daffections et de compositions plus ou moins viables.

Ancrage théorique minimal

Chez Baruch Spinoza, le conatus désigne leffort par lequel chaque être persévère dans son être. Il ne sagit pas dune simple volonté subjective, mais dune dynamique ontologique fondamentale : chaque mode dexistence tend à maintenir et augmenter sa puissance dagir, en fonction des affects qui le traversent.

Les affects jouent ici un rôle central. Ils modulent la puissance dagir : certains augmentent cette puissance (joie), dautres la diminuent (tristesse). La régulation ne se comprend donc pas dabord en termes de norme ou de loi, mais en termes de composition affective et de variation de puissance.

Chez Antonio Negri, la notion de multitude désigne une pluralité de singularités irréductibles à une unité souveraine. Contrairement au peuple, qui suppose une forme dunification politique, la multitude reste multiple, hétérogène et traversée de tensions. Elle est capable de produire du commun sans passer nécessairement par une centralisation étatique.

Lintérêt de ce paradigme tient à ce quil permet de penser une régulation immanente : lordre collectif émerge de la composition des puissances individuelles et collectives, sans fondation transcendante ni instance souveraine unique.

Lusage archicratique de ce cadre retient cette puissance danalyse des dynamiques affectives et relationnelles, mais la déplace vers une question spécifique : comment ces variations de puissance deviennent-elles observables, qualifiables, discutables et transformables dans des dispositifs concrets de régulation ?

Distinction

Ce paradigme ne renvoie ni à une foule indistincte ni à une spontanéité sans forme.

Le conatus ne se réduit pas à une simple intention individuelle, mais s'étend à une dynamique de persévérance et de variation de puissance inscrite dans des relations. La multitude ne se résume pas en agrégat chaotique, mais se décline en une pluralité structurée par des interdépendances, des conflits, des alliances et des compositions.

La régulation y est immanente, affective et relationnelle : elle procède de la manière dont les puissances sajustent, se renforcent ou sentravent.

Il se distingue ainsi du Décisionnisme souverain, qui recentre lordre dans lacte de trancher, et de lException souveraine, qui fait de la suspension un point culminant de tenue.

Fonction dans le paysage théorique

Ce paradigme permet de penser :

  • les dynamiques affectives du collectif ;
  • la variation des puissances dagir ;
  • les compositions et recompositions de la multitude ;
  • la conflictualité interne des rapports de force ;
  • lémergence dordres sans fondation transcendante centrale.

Rapport à larchicratie

LArchicratie trouve dans ce paradigme une ressource décisive pour penser la régulation comme organisation de tensions réelles entre puissances relationnelles et affectives.

Il permet notamment de comprendre que toute régulation repose sur des équilibres instables de puissances, et que la viabilité dépend de la manière dont ces puissances peuvent coexister, sajuster et se transformer.

Mais larchicratie introduit une exigence supplémentaire. Là où le paradigme du conatus et de la multitude insiste sur limmanence des dynamiques, larchicratie demande par quelles architectures ces dynamiques deviennent :

  • observables ;
  • qualifiables ;
  • transmissibles ;
  • discutables ;
  • révisables.

Autrement dit, le paradigme éclaire la production immanente de la cratialité ; larchicration cherche les conditions dans lesquelles cette cratialité peut être exposée sur une scène dépreuve.

Limite archicratique

Le gain du paradigme est sa capacité à penser la puissance des dynamiques immanentes et affectives sans les réduire à une instance souveraine.

Mais, du point de vue archicratique, il laisse une difficulté ouverte : une variation de puissance, un affect collectif ou une dynamique de multitude peuvent produire des effets très réels tout en restant difficiles à objectiver, à attribuer ou à traiter politiquement.

La question devient alors : comment passer dune dynamique immanente de puissance à une régulation capable de se rendre visible, de se justifier et de se transformer collectivement ?

Cest précisément là que larchicratie se distingue. Elle ne nie pas limmanence ; elle cherche à en construire les conditions de comparution.

Références minimales

  • Baruch Spinoza, Éthique, 1677.
  • Antonio Negri, LAnomalie sauvage, 1981.
  • Michael Hardt et Antonio Negri, Empire, 2000.
  • Michael Hardt et Antonio Negri, Multitude, 2004.

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