--- title: "Biopolitique" term: "Biopolitique" aliases: [] urlAliases: ["biopolitique"] mobilizedAuthors: ["Michel Foucault", "Giorgio Agamben"] comparisonTraditions: ["biopolitique", "théories du pouvoir sur la vie", "philosophie politique contemporaine"] edition: "glossaire" status: "referentiel" version: "0.2.0" definitionShort: "Paradigme d’analyse du pouvoir centré sur la prise en charge, la gestion, la protection, la normalisation et l’optimisation des processus de la vie des populations." concepts: ["biopolitique", "population", "vie", "gouvernementalite", "normalisation", "securite"] links: [] kind: "paradigme" family: "paradigme" domain: "theorie" level: "intermediaire" related: ["gouvernementalite", "archicratie", "co-viabilite", "tension", "gouvernementalite-algorithmique", "regulation-technique-et-legitimation-democratique"] opposedTo: [] seeAlso: ["cybernetique", "preemption-algorithmique", "formes-de-vie-et-cadres-dhabitabilite", "subsistance-vivante-et-captation-capitalistique"] --- La biopolitique désigne le paradigme dans lequel le pouvoir s’exerce sur les conditions de la vie collective : santé, natalité, mortalité, risque, sécurité, protection, prévention, optimisation des corps et des populations. Elle désigne le moment où la vie devient un objet central de calcul, de gestion et d’intervention politique. ## Distinction La biopolitique ne concerne pas seulement le soin ou la médecine. Elle désigne plus largement une transformation du pouvoir moderne : la régulation ne se contente plus d’interdire ou de punir, elle administre, classe, protège, surveille et optimise les vivants. Elle se distingue ainsi d’un pouvoir purement juridique ou purement souverain : ce qui compte n’est plus seulement la loi, mais la gestion continue des conditions d’existence. ## Fonction dans le paysage théorique La biopolitique permet de comprendre : - la gestion moderne des populations ; - les politiques sanitaires, assurantielles et sécuritaires ; - les corrélations entre savoir, statistique et gouvernement ; - les formes de pouvoir qui se présentent comme protectrices tout en produisant de nouvelles normativités. ## Rapport à l’archicratie L’archicratie prolonge ce diagnostic en se demandant à quelles architectures concrètes de régulation cette gestion de la vie est arrimée, et surtout dans quelles scènes elle peut encore être exposée, contestée ou révisée. Autrement dit, la biopolitique décrit puissamment **ce sur quoi** porte une régulation moderne ; l’archicratie demande en plus **par quelles prises**, **dans quelles chaînes opératoires** et **avec quelles scènes d’épreuve** cette régulation devient co-viable ou, au contraire, opaque. ## Limite archicratique Le gain biopolitique est sa lucidité sur la centralité politique du vivant. Mais son angle mort est qu’elle ne formalise pas toujours suffisamment les architectures de révision capables de faire comparaître les dispositifs qui administrent la vie. L’archicratie y voit donc un diagnostic majeur, mais non encore une théorie suffisante de la comparution régulatrice. ## Renvois - [Gouvernementalité](/glossaire/gouvernementalite/) - [Gouvernementalité algorithmique](/glossaire/gouvernementalite-algorithmique/) - [Cybernétique](/glossaire/cybernetique/) - [Préemption algorithmique](/glossaire/preemption-algorithmique/) - [Archicratie](/glossaire/archicratie/) - [Co-viabilité](/glossaire/co-viabilite/) - [Tension](/glossaire/tension/) - [Régulation technique / légitimation démocratique](/glossaire/regulation-technique-et-legitimation-democratique/) - [Formes de vie / cadres d’habitabilité](/glossaire/formes-de-vie-et-cadres-dhabitabilite/) - [Subsistance vivante / captation capitalistique](/glossaire/subsistance-vivante-et-captation-capitalistique/)